Les élèves de 6e GT et Amnesty International

Compte-rendu d’une animation en classe

Éclairés par Amnesty International

Ce mardi 20 décembre 2016, nous, classe de sixièmes sciences/langues, avons eu le privilège de rencontrer une bénévole de l’ONG « Amnesty International » qui se nomme Géraldine.

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Réflexion sur une affiche d’Amnesty Intarnational

Le sujet du jour était, sans surprise, « les droits humains » introduits grâce à diverses activités.
Tout d’abord, nous avons discuté sur ce qu’évoquaient pour nous les « droits humains », qu’est-ce que ces deux mots signifiaient-ils pour nous ? La majorité de la classe a répondu qu’un droit était une obligation, une égalité, une liberté et une loi. Pourquoi aussi utiliser le terme « humain » à la place de « l’homme » Telle a été la question posée par l’animatrice . Un élève a répondu qu’il s’agissait bien par là de souligner l’égalité homme/femme.
Sur le bureau, nous avions aperçu une bougie rouge avec des motifs bien particuliers. Certains ont demandé si cette dernière représentait une pensée pour une quelconque victime. L’animatrice a répondu qu’ « Amnesty International » vendait des bougies dont la particularité réside dans ses motifs. Ils représentent en effet des fils barbelés pour illustrer un proverbe que l’ONG a adopté : « Mieux vaut allumer une bougie qu’éclairer l’obscurité » c’est-à-dire qu’il faut passer à l’action !
Par après , la bénévole a déposé des affiches sur chacune des tables de la pièce et nous a demandé d’y jeter un coup d’œil et de rester assis à la table auprès de celle qui nous touchait le plus. Quatre affiches qui comportaient sur chacune d’elles une illustration et un titre : « égalité, liberté d’expression, justice et conditions de vie ». Les élèves de chaque groupe ont ensuite interagi avec leurs voisins au sujet de l’affiche : qu’est-ce qu’on y voyait ? Quel sentiment dégageait-t-elle ? Avions-nous assisté à un acte semblable auparavant ? Y a -t-il des droits à mettre en place pour empêcher une situation pareille ? Après cette courte discussion, une enveloppe a été distribuée à chaque table, elle contenait des bandelettes sur lesquelles figuraient des droits et nous devions prendre ceux qui étaient en rapport avec notre image afin de présenter nos ressentis devant la classe.
Pour chaque affiche, trois à cinq droits ont été cités, parfois identiques parfois différents. A la fin de cet exercice, l’animatrice nous a expliqué d’où ces droits venaient et depuis quand ils étaient « appliqués ». En 1948, des pays ont signé un accord relatif aux droits de l’homme.Cependant, aucune règle ne les oblige à respecter ces lois qu’ils ont signées, voilà pourquoi certaines nations restent inégalitaires sur plusieurs points (comme la torture, la peine de mort, l’obligation des enfants à travailler, etc..). Contrairement au pacte international qui, dès sa signature , entraine une obligation à respecter les droits sous peine de sanction. Une élève de langues, Asmae, a demandé pourquoi les autres pays (qui ne respectent déjà pas la loi) puniraient-ils ceux qui sont dans le même cas qu’eux ? Géraldine a expliqué qu’il était difficile d’avoir une société qui respectait tout et tout le monde.Ce qui nous démontre que l’injustice est présente, même à travers un monde de justice.
Afin de nourrir notre curiosité, l’animatrice nous a expliqué comment « Amnesty » a été conçue. En 1960, deux hommes ont été emprisonnés au Portugal, injustement. A l’écoute de cette information, un Anglais a envoyé des plaidoyers au consulat portugais pour obtenir la libération de ces deux hommes incarcérés ; sa persévérance aura porté finalement ses fruits. Depuis, l’ONG adopte la méthode de cet Anglais et vient en aide aux personnes injustement punies en encourageant à envoyer des tonnes de plaidoyer. Le plus important est que ces textes sont écrits par des personnes de tout âge et de tout horizon.
De façon à nous convaincre que cette méthode fonctionne véritablement, la bénévole nous a présenté deux cas. Tout d’abord, le cas de Mahmoud Hussein, 19 ans, arrêté en janvier 2014 en Egypte pour avoir porté un-t-shirt avec des effigies s’opposant au pouvoir et à la torture. Enfermé pendant deux ans en plus de possibilité de torture, « Amnesty » a réussi à libérer ce jeune homme grâce à des plaidoyers envoyés par différentes personnes. Le deuxième concernait Albert Woodfox , il a passé quarante-trois ans en isolement, avec seulement trois heures de sortie permise et n’avait droit à aucune visite. Il a été arrêté pour meurtre sans aucune preuve, seulement trois témoins disant l’avoir vu. Aujourd’hui il est enfin libéré, grâce à Amnesty International et à toutes les personnes qui ont défendu sa cause.
Deux autres situations nous ont été présentées, mais ces personnes n’ont toujours pas été libérées. Une institutrice emprisonnée parce qu’elle luttait pour les droits des femmes, en Chine. Et un photographe de presse qui risque la peine de mort car il a simplement photographié le comportement violent des autorités lors des manifestations au Caire. Géraldine nous a proposé d’écrire individuellement des plaidoyers afin de les aider.
Nous repartons déjà avec des affiches, des cartes postales et le texte de la Déclaration des droits humains …
Nous repartons surtout de cette matinée avec une vision plus claire de ce qu’est la justice aujourd’hui, même dans ses imperfections.
Enfin, nous repartons, à l’issue de cette rencontre, avec des sentiments divers. On se sent un peu « gênés » de se plaindre parfois de choses futiles quand d’autres êtres humains vivent des situations extrêmes. Mais aussi on se sent remplis d’espoir à l’idée que des personnes aujourd’hui se battent pour défendre les droits des autres…
La classe de 6ème générale